Notes de lecture

L’amour est la seule utopie réalisable

L’amour  est  la  seule  utopie  réalisable, écrit  Annie Le Brun dans  sa  postface du livre « Arthur Cravan, la terreur des fauves » de Rémy Ricordeau aux éditions L’échappée. Maison d’édition qui m’a envoyé aimablement sa dernière publication.  Bien lui en a pris. Arthur Cravan (Fabian Lloyd), tel qu’en lui-même, est devenu une légende. Sa courte vie : né à Lausanne, en 1887, mort en mer en 1918, à l’âge de 31 ans. Courte vie scandaleuse, sulfureuse. Ses coups de revolver, ses outrages, ses 2m de haut et ses 105 kg, son oncle Oscar Wilde, son ring, ses aventures, sa désertion, sa quête folle de l’amour fou, voyages vroum transatlantiques… jusqu’à sa disparition dans le Golfe de Tehuantepec, ultime échec ou pied de nez qui éclaire ou fait pâlir tout ce qui précède.
C’est le personnage, sa célébrité, nous rappelle Remy Ricordeau, qui ont fini par cacher la radicalité de sa poésie, sa force subversive, insurrectionnelle.
Et la poésie, comme l’amour, ainsi que l’avait compris Cravan/Lloyd                                                    C’EST MAINTENANT  
Maintenant qui fut aussi le nom de sa revue, 5 exemplaires, dont il était le directeur de publication et le principal rédacteur. Arthur, comme Rimbaud. Cravan comme le village natal de sa première compagne, Renée Bouchet, Cravans en Charente Maritime. J’avais toujours pensé à l’oie. On peut rêver. Rêveur fou, « Je vis dans un délire presque perpétuel », écrit-il . Amoureux fou, de deux femmes en même temps ? Car ce livre publie chronologiquement ses lettres à Sophie Treadwell, et Mina Loy. Et parfois celles-ci, simultanément… mais le même désespoir, la même exaltation, le même appel « Il faut que tu viennes ». D’amoureux éperdu, cloué à New York, attendant désespéramment les lettres et le retour de Sophie, il devient amoureux éperdu à Mexico, attendant désespéramment les lettres et l’arrivée de Mina.  Et Mina vient. Parfois c’est comme s’il écrivait à une hydre ou un ange à deux têtes, sept têtes qu’il voudrait écraser dans ses bras, qui lui échappe toujours, qui le force à jouer un jeu, à pleurer, à le supplier. Le mystère de sa disparition reste entier, celui de l’amour aussi.  
  *Arthur Cravan, la terreur des fauves
Rémy Ricordeau
éditions l’échappée
 

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