Notes de lecture

« Un présent d’amertume mais un présent de musique »



Tu ne sais pas combien de fois je baise les grilles de ma maison qui ne s’ouvrent que si j’appelle à l’interphone la folle de la porte d’à côté. Et elle me laisse dehors comme une mendiante. Mais moi je sers sa nudité, son avarice et son évangile assassin. Il n’y a rien, Curcio, qui puisse me faire mourir. A présent, je me sens éternelle, mais ce n’est pas parce qu’ils m’ont donné le prix Montale. Je me sens éternelle parce que je suis au milieu de l’amour, au milieu de cette grotte qui s’appelle « amour », cet habitacle nouveau et infernal où je deviens l’inscrutable poétesse et la vie même d’ Appolon.  

Alda Merini
La folle de la porte à côté 
ed. Arfuyen

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